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Le mythe et le canon philosophique de la fraternité

 


Les valeurs universalistes promues par la Révolution, en faisant référence à la “fraternité”, ont fait éclaté le cadre étroit d'une affiliation simplement biologique et familiale, voire traditionnellement guerrière (frères d’armes) ou corporatiste (confrères). Pourtant il n'échappe pas qu'elles reprennent plus ou moins métaphoriquement (c'est toute la question) ces termes de fraternité et de famille, comme équivalents d'humanité et de société politiquement émancipées. Avec ce recours à la fraternité, nous dirons qu’il en va d'une mimèsis fondamentale et archaïque, telle que les notions de famille, de foyer, mais encore de nation ou de race ne sont pas seulement utilisées comme métaphores, mais également comme références : la France, par exemple, « patrie des libertés », etc. Comme si, pour exister, l'universalisme devait prendre vie dans une singularité exemplaire.